apres un deuil comment retrouver gout a la vie

Après un deuil, comment retrouver goût à la vie.

30 novembre 2021

Lors du décès d’un parent ou d’un proche, notre vie est bouleversée du jour au lendemain. Cette épreuve chamboule tous nos repères et nous avons la sensation qu’on ne s’en remettra jamais. Alors, comment apprivoiser sa douleur, vivre son deuil et enfin retrouver un élan de vie ?

Expérience de vie universelle, le deuil reste encore aujourd’hui le sujet tabou par excellence. Inconnue, imprévisible, la mort touche et touchera tout le monde, tôt ou tard, de près ou de loin.

Le deuil a un fort impact sur nous, notre vie au quotidien, nos habitudes, notre corps… Un sentiment de tristesse, de vide nous envahit et nous ne trouvons plus de sens à ce qui nous faisait plaisir autrefois. Comment retrouver le goût de vivre après un deuil ? Eléments de réponses.

Accepter d’aller mal

Souffrir lorsqu'on perd un proche est paradoxalement salutaire. Il faut accepter cette douleur et toutes les émotions exacerbées qui vous submergent pour faire « correctement » son deuil.

Chaque personne passera par 5 voir 7 phases de deuil, qui sont les suivantes :

Le choc et le déni surviennent à l’annonce du décès, notre esprit se trouve incapable de comprendre cette information qu’il se sent impuissant à gérer. Il est à noter, que cette phase intervient que la mort soit naturelle, accidentelle, ou dûe à une maladie.

La douleur et la culpabilité font souvent place au déni. Cette étape difficile marque l’acceptation de la perte : nous prenons conscience que l’être aimé n’est plus. Entre l’affliction, les pleurs, s’immisce le sentiment que nous aurions dû, pu, faire mieux. Culpabilités et remords accompagnent la douleur, nous donnant la certitude que nous sommes responsables du trépas de l’être aimé.

La colère peut nous envahir, car nous ressentons de l’injustice face à cette perte. Elle peut se diriger contre le défunt, contre notre entourage ou contre nous-mêmes. Parfois, nous oscillerons dans une irascibilité portée tour à tour contre les uns, les autres, nous-mêmes.

Le marchandage survient comme une étape nécessaire avec laquelle nous bâtissons d’impossibles « si ». « Si j’avais été plus souvent près de lui… », « Si je lui avais proposé mon aide… ». Reliés à notre culpabilité, ces questionnements vains nous servent à le dépasser.

La dépression et la douleur signent l’acceptation du départ du défunt. Nous y perdons le goût de vivre, nous ne savons plus comment gérer cette douleur abyssale. Nous choisissons le plus souvent le repli social.

L’acceptation nous permet alors d’accueillir cette réalité : vivre sans le disparu, mais autrement. Nous reprenons confiance en nous, en la vie, en l’espoir.

La reconstruction débute lorsque nous sommes prêts à revenir au monde. Lorsque nous cherchons de nouveau l’échange avec autrui, testons de nouvelles activités pour oublier la souffrance. Elle découle de l’acceptation. C’est également durant cette étape que nous bâtissons un lien intérieur avec la personne disparue.

Se donner du temps

Ne soyez pas trop pressé de « faire votre deuil », cela peut être particulièrement néfaste. Donnez-vous le temps d'accepter la perte de votre proche pour reprendre le cours de votre vie.

La chose importante à garder à l’esprit est que cette notion de « temps de deuil » est incompressible et propre à chacun. N’ayez pas peur : vous n’êtes pas anormal d’avoir besoin de temps. Il n’est pas possible de redevenir joyeux ou léger en quelques jours, ni quelques mois. Souvent votre entourage peut-être dans le malaise ou dans l’évitement car, il ne sait pas quoi dire ou quoi faire. Il se sent impuissant et voudrait voir la souffrance disparaître rapidement. Mais cela est impossible.

N’oubliez pas que le temps de l’un n’est pas forcément le temps de l’autre. Alors, allez à votre rythme, tout simplement.  

Mettre des mots sur votre douleur

Ne gardez pas tout pour vous. Confiez-vous à votre famille, à vos amis, pour dire ce que vous ressentez, vivez au quotidien. En mettant des mots sur vos sentiments, vous pourrez avancer vers l'acceptation puis la reconstruction. Si vous avez du mal à vous ouvrir à vos proches, n’hésitez pas à aller consulter des professionnels : médecin, psychologue, hypnothérapeute… ces spécialistes vous aideront à mettre des mots sur vos « maux »,  sur vos sentiments mais aussi à les comprendre. Et surtout à faire un pas vers la reconstruction.

Se tourner vers les forums de deuil.

Le saviez-vous ? De plus en plus de personnes endeuillées se tournent vers des forums en ligne. Lassées parfois des incompréhensions de leurs proches, elles se réunissent de plus en plus via des forums pour partager leurs chagrins. Disponible 24h/24 et 7j/7, ces nouveaux espaces de témoignages sont d’un grand secours pour les personnes en deuil. Parler avec des personnes qui, comme elles, sont dans la même situation, qui comprennent leur douleur et leur épreuve, peut faire beaucoup de bien. Ou comment mettre fin à la solitude du deuil 3.0.

N'oubliez surtout pas que vous n'êtes pas seul.e à avoir perdu un proche. Soutenez ceux qui partagent votre douleur. L'entraide peut aider à faire son deuil.

Rechercher le contact avec la nature.

C’est prouvé, la nature et le jardinage stimulent le physique, le mental, les sensations, les relations. Prendre soin des plantes, c’est donc s’occuper de soi.

La nouvelle tendance ? L’hortithérapie ! Késako ? Il s’agit de l’utilisation d’une pratique de jardinage ou d’un jardin comme outil d’accompagnement thérapeutique. L’hortithérapie s’intéresse à la fréquentation régulière d’un jardin stimulant tous les sens et à l’action physique et psychique du jardinage. Cela peut s’adresser à tout type de public : séniors, handicapés… et encore les personnes endeuillées.

« Les plantes et les gens ont en commun le cours de l’existence », rappelle le pédopsychiatre Dominique Sauvage dans « Horticulture et programmes thérapeutiques de la psychiatrie et du handicap ». Germination, croissance, maturité, vieillissement, mort... Le lien que nous établissons avec l’être vivant que nous protégeons des intempéries et des maladies nous renvoie à notre condition. Or, certaines plantes « peuvent réchapper d’un cataclysme et pousser à nouveau », poursuit-il. Une métaphore à méditer !

Rappelez-vous…

Accepter de prendre le temps de vivre un deuil, c’est essentiel pour retrouver ensuite une véritable envie de vivre et d’aimer. Donnez-vous le temps nécessaire, la vie fera le reste.

Et du côté des proches…

Un de vos parents, amis, connaissances est confronté au deuil? Et vous souhaitez l’aider ?

Il y a des choses à dire… et d’autres à éviter. Voici nos conseils afin d’exprimer au mieux vos sentiments et aider une personne endeuillée.

"Je sais que tu souffres beaucoup"

Ce qui n'est pas du tout la même chose que "Je sais ce que tu ressens", une phrase qu’il vaut mieux éviter, dans la mesure où, même si vous avez traversé des épreuves similaires, chaque personne porte le deuil différemment. A l'inverse, les mots "Je sais que tu souffres beaucoup" expriment votre empathie et votre soutien.

"Tu veux que je te prenne dans mes bras ? »

Parfois, un geste vaut mieux que mille mots. Pour réconforter un proche, vous pouvez tout simplement le prendre dans vos bras ou lui prendre la main. Ce geste tout simple peut faire beaucoup de bien et apporter un réel réconfort.

"Je suis sincèrement désolé(e)"

C'est direct. C'est honnête. Ça va droit au but. Ça montre que vous vous souciez de la personne. Face à la douleur, il existe deux solutions très efficaces et d'une simplicité confondante :

1) soyez disponible et 2) dites : « Je suis sincèrement désolé(e) ».

"Je suis là pour toi"

La plupart des gens sont mal à l'aise face à la douleur des autres. Voir un proche aussi mal n'est pas chose aisée. Il est normal de vouloir le sortir de cet état… mais ça n'est tout simplement pas possible. Ce que vous pouvez faire de mieux, en revanche, c'est faire comprendre à la personne qui souffre que vous êtes là si elle a besoin de quoi que ce soit.

"Est-ce que tu veux parler de lui/d’elle?"

Il est normal de se dire que l'évocation du défunt risque d'attrister celle ou celui qui fait son deuil. En réalité, c'est l'inverse qui se produit. Lorsque nous perdons quelqu'un de très proche, nous pensons à cette personne en permanence. Au bout de quelques mois, nous sommes choqués et attristés de constater que les gens n'en parlent quasiment plus. Ils ont repris le cours de leur vie. Cela nous brise le cœur et nous isole encore plus. Évoquer un souvenir ou une anecdote sur le défunt indique à notre interlocuteur qu'on se souvient de la personne disparue, ce qui est très réconfortant.

Ne dites rien.

Nous ne parlons pas d'éviter un proche qui fait son deuil ou de faire semblant d'ignorer que quelqu'un est décédé. Parfois, il suffit juste de ne rien dire et de laisser parler son coeur. Tenez-lui la main. Proposez-lui un mouchoir. Faites du café. Demandez-lui s'il veut marcher un peu. Quoi qu'il en soit, laissez-le parler. Le meilleur cadeau qu'on puisse lui faire dans ces cas-là, c'est de le laisser s'exprimer librement.

Pour aller plus loin…

A découvrir dans l’émission « Les pieds sur terre » sur France Inter, les deux très forts témoignages  de Luisa et Maris. La première a perdu sa fille, la seconde son amoureux, et cela du jour au lendemain. Alors que cela leur paraissait inimaginable, après la lente et douloureuse traversée du deuil, elles ont pu ressentir à nouveau l'élan vital.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/apres-le-deuil-retrouver-le-gout-de-la-vie

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