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Témoignage : « Mon EMI a transformé ma vie »

14 Novembre 2022

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Cyril, 41 ans, a vécu une Expérience de Mort Imminente (EMI) à l’âge de 11 ans et voit son existence bouleversée lorsqu’il sent la vie quitter son corps. Il bascule dans "un ailleurs" puis en revient chamboulé. Depuis, sa vie n’a plus jamais été pareille. Pour Alanna, il revient sur son expérience.

« Je n’ai jamais parlé de cette « expérience » à personne. »

Ni à ma compagne ni à mes proches. J’ai trop peur qu’ils me prennent pour un illuminé ou qu’ils « gâchent » un peu ce souvenir que je trouve, avec beaucoup d’années de recul, merveilleux. Je n’ai d’ailleurs jamais lu d’autres témoignages dans la presse, et il y en pas mal en ce moment, c’est moins tabou qu’avant, ni aucun livre sur le sujet. Je sais qu’il y a les ouvrages du Docteur Charbonnier qui sont assez reconnus. Mais je ne veux pas. J’ai peur que ça « parasite » mon souvenir, ou pire, que cela le modifie. Que je m’imprègne de celui des autres, sans doute proche du mien. C’était il y a si longtemps maintenant…

J’avais 11 ans et nous étions à la piscine avec ma classe. A un moment, je me trouvais au bord du bassin et un de mes camarades a trouvé drôle l’idée de me pousser dans le grand bain. Je ne savais pas encore bien nager à l’époque et je me souviens être tombé et de m'être laissé couler. Je me souviens de la température de l’eau aussi qui m’a saisie quand je suis tombé. Je n’arrivais plus à respirer, j’avais peur, je me suis mis à hyperventiler et donc à boire les premières tasses d’eau. Puis je me rappelle avoir eu cette sensation, horrible, de tomber encore plus profondément dans le bassin.

Puis d’un coup un voile noir. Et sur le côté une sorte de tunnel.

Un tunnel bleu nuage. Ce tunnel, il m’attire, car il y a comme une sorte d’énergie au bout. Je n’ai plus conscience de mon corps, ni de la piscine ni de la température de l’eau. D’un coup, j’ai une sensation de chaleur, vous savez comme lorsque le soleil caresse votre peau et que la température est ni trop chaude, ni trop brûlante. Juste parfaite. C’est un peu ça si j’essaye de comparer. Mais c’est presque inégalable et indescriptible. Cette « chaleur » sur la peau, alors que je n’ai plus conscience de mon corps, c’est comme une énergie. Voilà… je ne suis plus qu’énergie. Je ne suis plus rien d’autre. Je ressens quelque chose de tellement puissant, la sensation d’un amour inconditionnel qui m’envahit. Une sorte de béatitude, comme une extase totale. Et ça ne me quitte plus. C’est si intense, ce sentiment d’unité, de sérénité, de paix. C’est tellement fort.

Et là je les ai vus. Des images. De mes parents, de mes amis, de mes proches.

Dans mon esprit, ces images défilent dans le tunnel. Et là je m’excuse auprès d’eux. De les laisser tomber. De partir. De ne pas leur avoir dit au revoir. Je le fais donc maintenant. J’ai la sensation que tout passe très vite. On ne se parle pas car ici il n’y a pas besoin de parole. Tout n’est que sensation. On se comprend. Je ne sais pas comment l’expliquer. Il n’y a plus de corps, de mots … mais on communique entre nous. C’est tellement beau et paisible de se dire au revoir. Etre triste ici, dans ce tunnel, ça n’a pas de sens, ça n’existe même pas ! J’ai toujours cette énergie en moi et l’amour inconditionnel qui m’entoure, m’englobe de tout mon être. Tout est beau, bon, pur et positif. Je quitte l’image de mes proches après cet adieu et j’avance toujours plus loin dans le tunnel. Je suis happé par l’énergie qui s’en dégage.

Puis je vois le visage de mes proches qui sont décédés et que je reconnais.

Même si je ne les connais pas. C’est bizarre de dire ça, mais dans mon souvenir je ne trouve pas ça étrange. Tout me parait absolument normal. Je n’ai pas peur. Pas une seconde. Je vois mes arrières grands-parents que j’ai vu uniquement en photos, des gens qui sont morts avant ma naissance. Des ancêtres en somme. Tous viennent à ma rencontre. Ca défile devant moi. Ils me ‘parlent’, toujours sans parole. Et là ils me font comprendre que ce n’est pas le moment pour moi de partir. Que ce que je ressens, ici, dans ce tunnel, j’ai le droit de le ressentir, de m’en imprégner, mais que je ne peux pas rester. Que ce n’est pas encore ma place…. Que j’ai encore beaucoup de choses à vivre et à ressentir avant de revivre ce moment.

Et là, d’un coup, bim, je suis sur le bord de la piscine, avec mes camarades et mon professeur qui m’entourent. Je ressens mon corps, la sensation du carrelage contre ma peau. C’est un peu, beaucoup, brutal. La lumière, le son de la piscine. J’ai froid.

Mais tout de suite je ne dis rien de ce que j’ai vécu. Pour moi, c’est une évidence que je ne dois le dire à personne. Même pas à mes parents. Pourtant, je suis jeune, à 11 ans je ne suis encore qu’un enfant. Mais je le ressens ainsi. Ça me marque comme expérience… pourtant j’ai la certitude que je ne dois rien dire. C’est un secret que j’ai toujours eu en moi depuis. Mais ce n’est pas quelque chose de lourd. Il fait partie de moi.

C’est une expérience qui m’a suivie toute ma vie. Mais je ne me suis jamais reposé de question sur ce que j’ai vécu. Je sais que ce n’était pas un rêve ou autre. Je sais que c’est réel. Et incroyable. Je ne cherche pas à re ressentir cette sensation d’amour inconditionnel à nouveau. Ce n’est pas possible ici. Il n’y a pas de conséquence vraiment dans ma vie. Ou si une. Je m’en rends compte en vous racontant. Sans doute hyper importante ou pas, je ne sais pas (rire).

La seule conséquence c’est que je n’ai pas peur de la mort et que, surtout, la mort n’est pas pour moi synonyme de tristesse ou autre, comme pour 99,9% des gens.

En fait je suis hyper confiant sur la mort, oui c’est bizarre de dire ça, et donc l’après, que j’ai entre aperçu finalement ! Ça ne veut pas dire que je prends des risques immodérés ou que je suis un casse-cou… pas du tout. Mais je n’ai pas peur, ni de tristesse autour de ça… car souvent on en a peur car c’est l’inconnu derrière. La fameuse question à un million de dollars : « Et après y' a quoi ? »

J’ai d’ailleurs réglé les détails pour mes obsèques il y a quelques mois, alors que j’avais à peine 40 ans et que je suis en bonne santé. C’est fait, ça va surtout décharger mes proches. J’ai vraiment fait ça pour eux. Pour moi, cela n’a pas d’importance. Car je sais. L’après. Et c’est tellement fort, incroyable. Indéfinissable comme sensation et beauté. C’est une philosophie de vie en réalité. Une manière d’aborder la vie sans avoir peur de la mort, tout simplement. »

Il n'y a pas d'âge pour prendre ses dispositions et préparer ses obsèques. Vous aussi, pensez à exprimer vos volontés pour protéger vos proches et avoir l'esprit tranquille :

Pour aller plus loin…

EMI, qu'est-ce-que c'est ?

Expériences de mort imminente (EMI), expérience aux frontières de la mort, expérience de mort provisoire (EMP), expérience de mort approchée (EMA), expérience de mort-retour, Near-death experience (NDE)... Toutes ces appellations désignent un même phénomène décrit par des personnes proches de la mort, qui ont finalement retrouvé le chemin de la vie et témoignent d'une possibilité de vie, du moins de conscience, après la mort.

Cette expérience fascinante serait basée sur des mécanismes physiologiques et psychologiques. Elle a été popularisée en 1975, avec la publication du best-seller du psychiatre Raymond Moody dans son ouvrage « La Vie après la vie ».

Raymond Moody définit alors l'EMI comme : « Toute expérience de perception consciente survenant chez des individus déclarés en mort clinique ou ayant frôlé de très près la mort physique. »

Que disent les témoignages ? Après la mort, que se passe-t-il selon les témoignages ?

Les "témoins" peuvent être des personnes victimes d’accidents ou de maladies, déclarés morts cliniquement pendant quelques minutes, ou plongées dans un état de coma avancé. Certaines racontent même avoir vécu ce genre d'expérience dans leur sommeil.

L’expérience de mort imminente repose en partie sur deux grands mystères scientifiques, qui interrogent aussi la philosophie, la religion et la psychologie : la mort et la conscience.

Elle est toujours décrite de façon singulière par les personnes qui la traversent, mais on distingue toutefois quelques caractéristiques communes au travers des récits. Les "expérienceurs" et "expérienceuses", comme on les appelle, témoignent :

  • d’un phénomène de « décorporation », c’est-à-dire que leur « âme » sortirait de leur corps et ils parviendraient à se voir depuis l’extérieur d'eux-mêmes, au-dessus ou sur les côtés, incapables de bouger.
  • de la vision d’un tunnel de lumière.
  • d'un changement géométrique de la pièce.
  • de la rencontre avec des proches défunts ou des entités spirituelles.
  • d'un sentiment d’amour, de paix, de communion et de tranquillité.
  • de la vision accélérée d'épisodes passés de leur vie, comme dans les films.

Le retour à la vie et au réel est souvent décrit comme instantané et très éprouvant.

En juin 2017, une équipe de chercheurs de l'université de Liège en Belgique a tenté d'établir une chronologie type en analysant 154 récits de patients français qui reviennent d'une EMI. Le scénario le plus fréquemment rapporté, dans 22 % des cas, est le suivant : l’impression de quitter son propre corps, puis de traverser un tunnel, d’apercevoir une lumière dans laquelle se dessine l'ombre de ses proches décédés, et, finalement, le sentiment d'être en paix.

Dans la plupart des cas, l'EMI est jugée « agréable » et « lumineuse », teintée d'une connotation mystique (en fonction du contexte culturel et religieux), qui complique le retour à la réalité. Une petite minorité de personnes décrit toutefois l'EMI comme une expérience effrayante ou désespérante.

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