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Témoignage : « J’ai vécu plusieurs deuils simultanés »

22 novembre 2021

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A 45 ans, Vincent a été confronté en une semaine aux décès simultanés de ses parents et de sa grand-mère. Une situation particulièrement éprouvante, d’autant que rien n’avait été anticipé par ses défunts. Avec beaucoup d’émotion, il raconte comment il a dû faire face à ce choc et comment Alanna aurait pu le soulager.

En une semaine, vous avez perdu votre mère, votre père et votre grand-mère. Dans quelles circonstances sont-ils décédés ?

C’était en décembre 2017. Mon père était atteint d’un cancer généralisé. Nous savions qu’il lui restait peu de temps à vivre. Il était sous morphine, mais nous avions pu le garder chez lui. J’étais présent ce lundi-là à ses côtés avec un ami. Il est décédé dans son sommeil, dans son fauteuil, tranquillement. Nous étions avec lui, il s’est endormi au coin du feu. Ma grand-mère est décédée la nuit suivante dans un EPHAD. C’était la maman de mon père, elle était très âgée centenaire. Ma mère, atteinte d’Alzheimer, était quant à elle hospitalisée depuis 15 jours, en attendant une place en EPHAD elle aussi. Avec mon frère, nous l’avions d’ailleurs amenée à la maison quelques jours auparavant, pour qu’elle passe une journée avec son mari. Un moment particulièrement émouvant... L’hôpital m’a appelé le jour du décès de mon père pour me dire qu’elle souffrait d’un grave ulcère à l’estomac et qu’elle allait être placée en soins palliatifs. Elle est décédée le samedi, deux jours après l’enterrement de mon père. Pour résumer mon père est décédé le lundi, ma grand-mère décède le mardi, le jeudi nous enterrions mon père et nous apprenions le décès de ma mère le samedi. C’est le destin, c’est comme ça. Je sais que ça peut paraître complètement incroyable… alors on vit ça au jour le jour.

Comment avez-vous réagi au décès de votre père, auquel vous avez assisté ?

Même quand on se prépare à la disparition d’un proche, c’est un immense choc. Heureusement, je n’étais pas seul à ce moment-là. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et on ne sait pas forcément dans quel ordre on doit faire les choses. Il faut appeler le médecin pour faire constater officiellement le décès et obtenir un acte de décès, déplacer le corps dans une chambre avec un infirmier, prévenir le curé pour une bénédiction, contacter les pompes funèbres qui nous ont d’ailleurs aiguillés sur les démarches à accomplir. Puis il faut aller en mairie déclarer le décès et prendre une concession au cimetière… c’est surréaliste quand on y pense et qu’on l’on n’y est pas préparé. Parallèlement, il faut prévenir tout le monde, la famille, les proches, répondre au téléphone, faire passer l’avis de décès dans la presse locale… Heureusement j’étais accompagné pour tout cela par mon frère aîné… à deux, c’est déjà plus facile.

« Mes parents n’avaient rien prévu du tout, alors ce n’est pas évident à gérer quand ça vous tombe dessus. »

Au-delà de la tristesse bien sûr, qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

Mes parents n’avaient rien prévu du tout, alors ce n’est pas évident à gérer quand ça vous tombe dessus. Et quand ils sont en train de mourir, on n’a pas forcément envie de leur demander s’ils ont réservé une place au cimetière ! C’est comme ça, on n’en parlait pas dans la famille. Nous ne savions même pas si mon père voulait être enterré ou incinéré… Mais comme il parlait souvent de cimetière, nous avons choisi de le faire inhumer. Je me souviens de cette question que les pompes funèbres nous ont posé : « en pleine terre ou dans un caveau » ? Nous n’en avions aucune idée ! Encore aujourd’hui, je me demande si nous avons fait le bon choix. D’où l’importance d’en parler avant et d’être informé des dernières volontés de ses proches. Je pensais vraiment que mon père avait organisé ses obsèques. Il n’y avait pas de testament, rien. Heureusement mes parents n’avaient pas de difficultés financières et ce problème là nous a été épargné.

4 ans après le décès, avez-vous réussi à faire votre deuil ?

Je ne sais pas si on peut faire son deuil, qu’est-ce que ça veut dire ? On s’habitue à l’absence, on accepte la situation même si elle paraît insurmontable. On essaie de garder les bons souvenirs, on en parle entre nous. On a la chance d’être 5 frères et sœurs, alors on se soutient et on parle des bons moments. Et puis nos parents sont avec nous à chaque instant je pense. A chaque épreuve qu’on doit traverser, chaque décision importante, on se dit « Que nous conseilleraient-ils ? Que feraient-ils à notre place ? » Finalement, les parents transmettent une ligne de conduite, une façon d’être. Eux étaient toujours au service des autres, sans arrières pensées, leur maison était toujours ouverte. Et je crois qu’on essaie de perpétuer cet état d’esprit. Donc peut-être qu’on ne fait jamais son deuil, mais qu’on garde nos défunts à nos côtés.

En quoi la plateforme Alanna aurait-elle pu vous aider pour faire face à cette situation ?

Je pense que j’aurai pu trouver, au même endroit, plus facilement, des réponses aux nombreuses questions que nous avons dû résoudre en urgence… Alors par contre, il aurait fallu que mes parents aient un profil, ou que je les inscrive. Mais j’avoue que c’est délicat de parler de la mort avec ces générations qui n’avaient pas forcément la même liberté de parole que nous aujourd’hui, ni les mêmes usages des réseaux sociaux. Peut-être que cela aurait fait gagner du temps pour prévenir tout le monde car la famille et les amis se trouvent aux quatre coins de la France. J’utiliserai sûrement Alanna comme un espace de mémoire, partagé uniquement avec les plus proches. Nous sommes 3 frères et 2 sœurs, et avons de nombreux cousins, nous partageons souvent des photos et souvenirs mais via une multiplicité de réseaux différents comme Facebook, Messenger ou Whatsapp. J’ai gardé des enregistrements sonores de moments vécus avec mon père par exemple, des photos, des témoignages, des messages vocaux. Mon père a joué de la flûte toute sa vie, et ça fait plaisir à tout le monde quand je partage un de ses enregistrements. Sans en faire quelque chose de « lourd » et contraignant, entretenir le souvenir des siens via une plateforme sécurisée et partagée, cela pourrait être plaisant en effet.

Cela vous fait-il réfléchir à ce que vous souhaiteriez pour vous-même ?

Je ne pense pas à mon décès tous les jours je vous avoue ! Mais oui, cela peut amener à se questionner sur les démarches à accomplir pour anticiper au mieux ses obsèques. Je ne veux pas que mes filles aient à subir les mêmes doutes, les mêmes épreuves que celles que j’ai vécues. En ce sens, Alanna pourrait simplifier leurs démarches, alors pourquoi pas… Nos enfants font partie de ces générations futures, connectées, efficaces, organisées néanmoins sensibles et attachées aux liens familiaux.

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